Tout être humain a besoin de nourriture, c'est aussi vital que l'air que nous respirons ou l'eau que nous
buvons. Le droit à l'alimentation s'inscrit donc dans une démarche de respect de vie de chaque personne
quel que soit son pays d’origine.
Nous, les femmes rurales, nous nous inscrivons dans cette prise de conscience sur le droit à une
alimentation suffisante, saine et équilibrée pour tous. Mais la nourriture ne tombe pas du ciel ! Il faut la
produire ! Des hommes et des femmes de par le monde cultivent les terres et soignent le bétail afin de
produire de quoi se nourrir et nourrir les populations. Les femmes rurales sont en première ligne dans
les pays où les risques de famine et de malnutrition sont les plus élevés.
Mais attention ! Ce n'est pas en appauvrissant les agricultrices que les citoyens des villes auront de quoi
manger ! Il est absolument nécessaire d’assurer un prix de vente rémunérateur de leurs produits pour
que les agricultrices soient en mesure de continuer à nourrir les autres. Habitants des villes et habitants
des champs doivent avancer ensemble pour le droit de tous à une alimentation saine et en quantité
suffisante.
Toute démarche allant vers des possibilités pour les femmes rurales de produire plus et mieux va dans
le sens de la lutte contre le fléau de la malnutrition et de la faim. Depuis des millénaires, les femmes
rurales ont eu la charge de produire de la nourriture dans des conditions difficiles et périlleuses pour
leur santé. Les discriminations visant l'accès à la terre, aux crédits, aux semences et aux outils adaptés
existent encore. Les retards et handicaps liés à peu ou pas de scolarité pénalisent aussi les femmes
rurales dans leur capacité à assumer la mission nourricière qui est la leur.
Loin d'être dans une démarche passive, les femmes rurales souhaitent pouvoir apporter leur soutien au
droit à l'alimentation pour toutes et tous. C'est dans cette optique que lors de cette Journée Mondiale de
la Femme Rurale, nous voulons mettre en lumière l'importance d'accompagner et soutenir tous ceux et
celles qui produisent de la nourriture.
Nous sommes tous et toutes interdépendants sur cette planète. Hommes et femmes, ruraux et citadins,
tous nous dépendons les uns des autres et tous nous dépendons de la nourriture pour notre survie.
Ensemble favorisons les conditions de vie et de travail de femmes rurales pour ensemble aller vers un
monde où les mots comme « malnutrition » et « famine » n'auront plus lieu d'être.
Très bonne Journée Mondiale de la Femme Rurale dans l'unité et la solidarité.
Karen Serres
Présidente du Comité des Agricultrices de la FIPA